La Paroisse Notre Dame des 12 Apôtres regroupe
2 communautés Chrétiennes et 12 clochers :

C.C.L. de Concarneau-Trégunc

Concarneau centre (St Guénolé), St Anne du Passage, Beuzec-Conq (St Budoc), Lanriec (Notre Dame de Lorette), Trégunc (St Marc et St Philibert).

C.C.L. de Rosporden

Rosporden (Notre Dame de Rosporden), Melgven (Sts Pierre et Paul), Elliant (St Gilles), Kernével (St Colomban),
St Yvi (Notre Dame), Tourc’h (St Cornély).

Actualités

La réforme des retraites vue par la doctrine sociale de l’Église">3 février 2023Comment évaluer les enjeux dans les débats autour d’une réforme des retraites ? Quel jugement porter sur les propositions et contre-propositions ? La doctrine sociale de l’Église ne donne pas de réponse toute faite. Elle n’a pas vocation à offrir des solutions techniques. Mais si l’on chausse ses lunettes, elle peut donner quelques points d’attention utiles pour envisager les questions à la lumière de l’Évangile. Ces points sont regroupés autour de grands principes énoncés par le magistère, et font écho à un échange entre des chrétiens de différents mouvements et associations de l’Église (mouvements de dirigeants, d’ouvriers, de retraités, de cadres, de solidarité avec les plus précaires…). En effet, « toute la communauté ecclésiale concourt à constituer la doctrine sociale » (Compendium de la doctrine sociale, no. 79) Bien commun Le bien commun, c’est « le bien du ‘nous-tous’, constitué d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui forment une communauté sociale » (Benoit XVI, Caritas in veritate no.7). « Si le travail est une obligation, c’est-à-dire un devoir, il est aussi en même temps une source de droits  » Parmi ces droits, « le droit à la retraite et à l’assurance vieillesse » (Jean-Paul II, Laborem exercens, nos 16, 19) Le sujet des retraites, un sujet majeur. Toute notre société est concernée. Le principe d’une retraite par répartition en France fait que tous sont concernés d’une manière ou d’une autre comme contributeurs ou récipiendaires. Il est problématique de s’en désintéresser comme, par exemple, il est problématique pour les citoyens de se désintéresser de la vie politique en n’allant pas voter. Chacun selon sa situation et son étape de vie doit se sentir concerné, mais il s’agit aussi d’envisager les questions autour des retraites en pensant aux autres, au-delà de l’impact qu’aura une réforme sur ma situation, dans la recherche du bien commun, du bien du « nous-tous ». Solidarité La solidarité « n’est pas un sentiment de compassion vague ou d’attendrissement superficiel pour les maux subis par tant de personnes proches ou lointaines. Au contraire, c’est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun : c’est-à-dire pour le bien de tous et de chacun  parce que, tous, nous sommes vraiment responsables de tous » (Jean-Paul II, Sollicitudo rei socialis, no. 38) Le principe d’un système de retraite par répartition repose sur un mécanisme de solidarité entre les générations. Les actifs contribuent pour celles et ceux qui ne le sont plus. Un système par capitalisation met à mal ce principe de solidarité intergénérationnelle. Le projet de réforme actuel n’est pour l’instant pas de ce type, mais cela reste un point d’attention. Il y a déjà des systèmes de capitalisation en parallèle des régimes principaux. Va-t-on vers un encouragement à un double système ? Mais la solidarité se joue aussi dans le fait d’assurer que même ceux qui ont moins contribué par leurs cotisations puissent toucher une retraite qui permette une vie digne. Cela nécessite d’autres mécanismes que le simple lien entre niveau de retraite et niveau de cotisation. Que se passe-t-il pour les personnes ayant cotisé à un faible niveau pour une carrière complète mais également celles qui ont eu des interruptions dans leur parcours. La question du niveau du minimum vieillesse (tout juste au seuil de pauvreté actuellement) est en jeu également. Option préférentielle pour les pauvres « De notre foi au Christ qui s’est fait pauvre, et toujours proche des pauvres et des exclus, découle la préoccupation pour le développement intégral des plus abandonnés de la société » (François, Evangelii gaudium, no. 186) Comment les évolutions envisagées vont-elles affecter les plus précaires ? En quoi le système actuel montre-t-il des limites pour des personnes précaires ? Des catégories des personnes auxquelles penser : les agriculteurs et encore plus aujourd’hui les agricultrices (femmes d’agriculteurs dont l’activité professionnelle est restée « invisible »), les travailleurs indépendants (leur régime actuel leur assure de très faibles retraites), les personnes vivant des minima sociaux (le RSA par exemple, on ne cotise pas à la retraite quand on touche le RSA), les nouveaux « auto-entrepreneurs » liés à l’« ubérisation » (livreurs, chauffeurs…)… Ces diverses catégories (et d’autres encore) peuvent représenter des lieux tests importants pour juger de la justesse d’un système ou d’une réforme au regard du principe de l’option préférentielle pour les pauvres. Justice, équité La justice « consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû » (Catéchisme de l’Église Catholique, no. 1807). La justice demande de rendre à chacun ce qui lui est dû. Dans un système rétributif comme l’est notre système de retraite, chacun reçoit pour sa retraite en fonction de ce qu’il a contribué pendant sa vie active (avec tout de même des mécanismes de redistribution : les écarts de niveau de retraites sont moins importants que les écarts de salaires). Un objectif de justice ne serait-il pas de tendre vers le principe de recevoir selon son besoin plutôt que selon sa contribution ? Une règle uniforme concernant l’âge de départ à la retraite est égalitaire mais pas nécessairement équitable en raison des inégalités d’espérance de vie (et d’espérance de vie en bonne santé) sont fortes en France en fonction des professions. En regardant la dimension de « contribution », il n’y a pas que l’aspect de contribution financière (cotisation) à prendre en compte. Comment est prise en compte la contribution des « proches aidants » de personnes malades, âgées, ou handicapées ? Comment prendre aussi conscience que les personnes retraitées continuent à contribuer à la société (engagements associatifs, soutien familial aux enfants et petits-enfants et aussi aux parents âgés) ce qui peut justifier, pour une part, de toucher une retraite indépendamment de ce qu’on a cotisé ? Familles « Le bien de la famille est déterminant pour l’avenir du monde » (François, Amoris laetitia, no. 31) Quelle est la prise en compte des réalités familiales dans l’organisation du système des retraites ? Comme pour d’autres questions, la tendance actuelle est à l’individualisation des droits sociaux mais il y a aussi des mécanismes de prise en compte des situations familiales. Par exemple pour les retraites, existent des majorations et des compensations pour les femmes ayant des enfants. Des débats ont surgi dans les dernières semaines pour évaluer si le projet de réforme leur serait favorable ou non. Se pose aussi la question des pensions de réversion quand l’un des conjoints meurt. Prêter attention aux aspects « familiaux » d’une réforme des retraites est important. Sur le long terme, la question des politiques familiales a aussi un impact sur les retraites car les enfants d’aujourd’hui sont ceux qui demain contribueront par leur travail aux retraites de leurs parents. [...] Lire la suite…
28 décembre 2022Personne ne peut se sauver tout seul. Repartir après la Covid-19 pour tracer ensemble des sentiers de paix « Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre. Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit » (Première Lettre de Saint Paul aux Thessaloniciens 5, 1-2). L’Apôtre Paul invitait par ces mots la communauté de Thessalonique à rester ferme dans l’attente de la rencontre avec le Seigneur, les pieds et le cœur sur terre, capable de porter un regard attentif sur la réalité et les événements de l’histoire. C’est pourquoi, même si les événements de notre existence semblent tragiques et que nous nous sentons poussés dans le tunnel sombre et pénible de l’injustice et de la souffrance, nous sommes appelés à garder le cœur ouvert à l’espérance, en faisant confiance à Dieu qui se rend présent, nous accompagne avec tendresse, nous soutient dans notre fatigue et, surtout, guide notre chemin. C’est pourquoi saint Paul exhorte constamment la communauté à veiller, en recherchant le bien, la justice et la vérité : « Ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres » (5, 6). C’est une invitation à rester en éveil, à ne pas nous enfermer dans la peur, la souffrance ou la résignation, à ne pas céder à la distraction, à ne pas nous décourager, mais à être au contraire comme des sentinelles capables de veiller et de saisir les premières lueurs de l’aube, surtout aux heures les plus sombres. 2. La Covid-19 nous a plongés dans la nuit, déstabilisant notre vie ordinaire, chamboulant nos plans et nos habitudes, bouleversant l’apparente tranquillité des sociétés, même les plus privilégiées, entrainant désorientation et souffrance, causant la mort de beaucoup de nos frères et sœurs. Entrainé dans un tourbillon de défis imprévus et dans une situation qui n’était pas très claire, même du point de vue scientifique, le monde de la santé s’est mobilisé pour soulager la douleur de nombre de personnes et tenter d’y remédier, tout comme les Autorités politiques qui ont dû prendre des mesures importantes en termes d’organisation et de gestion de l’urgence. En plus des manifestations physiques, la Covid-19 a provoqué, parfois à long terme, un malaise général qui a grandi dans le cœur de nombreux individus et familles, avec des effets considérables alimentés par de longues périodes d’isolement et diverses restrictions de liberté. En outre, nous ne pouvons pas oublier la manière dont la pandémie a touché certains aspects sensibles de l’ordre social et économique, faisant ressortir des contradictions et des inégalités. Elle a menacé la sécurité de l’emploi de nombreuses personnes et aggravé la solitude de plus en plus répandue dans nos sociétés, notamment celle des plus faibles et des pauvres. Pensons, par exemple, aux millions de travailleurs clandestins dans de nombreuses régions du monde, qui sont restés sans emploi et sans aucun soutien durant tout le confinement. Les individus et la société progressent rarement dans des situations générant un tel sentiment de défaite et d’amertume : ce dernier affaiblit les efforts dépensés pour la paix et provoque des conflits sociaux, des frustrations et des violences de toutes sortes. En ce sens, la pandémie semble avoir bouleversé même les parties les plus paisibles de notre monde, faisant ressortir d’innombrables fragilités. 3. Après trois années, l’heure est venue de prendre le temps de nous interroger, d’apprendre, de grandir et de nous laisser transformer, tant individuellement que communautairement ; un temps privilégié pour se préparer au “jour du Seigneur”. J’ai déjà eu l’occasion de répéter qu’on ne sort jamais identiques des moments de crise : on en sort soit meilleur, soit pire. Aujourd’hui, nous sommes appelés à nous demander : qu’avons-nous appris de cette situation de pandémie ? Quels chemins nouveaux devons-nous emprunter pour nous défaire des chaînes de nos vieilles habitudes, pour être mieux préparés, pour oser la nouveauté ? Quels signes de vie et d’espérance pouvons-nous saisir pour aller de l’avant et essayer de rendre notre monde meilleur ? Après avoir touché du doigt la fragilité qui caractérise la réalité humaine ainsi que notre existence personnelle, nous pouvons dire avec certitude que la plus grande leçon léguée par la Covid-19 est la conscience du fait que nous avons tous besoin les uns des autres, que notre plus grand trésor, et aussi le plus fragile, est la fraternité humaine fondée sur notre filiation divine commune, et que personne ne peut se sauver tout seul. Il est donc urgent de rechercher et de promouvoir ensemble les valeurs universelles qui tracent le chemin de cette fraternité humaine. Nous avons également appris que la confiance dans le progrès, la technologie et les effets de la mondialisation n’a pas seulement été excessive, mais s’est transformée en un poison individualiste et idolâtre, menaçant la garantie souhaitée de justice, de concorde et de paix. Dans notre monde qui court très vite, les problèmes généralisés de déséquilibres, d’injustices, de pauvretés et de marginalisations alimentent très souvent des troubles et des conflits, et engendrent des violences voire des guerres. Tandis que, d’une part, la pandémie a fait émerger tout cela, nous avons fait d’autre part des découvertes positives : un retour bénéfique à l’humilité ; une réduction de certaines prétentions consuméristes ; un sens renouvelé de la solidarité qui nous incite à sortir de notre égoïsme pour nous ouvrir à la souffrance des autres et à leurs besoins ; un engagement, parfois vraiment héroïque, de tant de personnes qui se sont dépensées pour que tous puissent mieux surmonter le drame de l’urgence. Il a résulté de cette expérience une conscience plus forte qui invite chacun, peuples et nations, à remettre au centre le mot “ensemble”. En effet, c’est ensemble, dans la fraternité et la solidarité, que nous construisons la paix, que nous garantissons la justice et que nous surmontons les événements les plus douloureux. En effet, les réponses les plus efficaces à la pandémie ont été celles qui ont vu des groupes sociaux, des institutions publiques et privées, des organisations internationales, s’unir pour relever le défi en laissant de côté les intérêts particuliers. Seule la paix qui naît de l’amour fraternel et désintéressé peut nous aider à surmonter les crises personnelles, sociales et mondiales. 4. Dans le même temps, au moment où nous osions espérer que le pire de la nuit de la pandémie de Covid-19 avait été surmonté, une nouvelle calamité terrible s’est abattue sur l’humanité. Nous avons assisté à l’apparition d’un autre fléau : une guerre de plus, en partie comparable à la Covid-19 mais cependant motivée par des choix humains coupables. La guerre en Ukraine sème des victimes innocentes et répand l’incertitude, non seulement pour ceux qui sont directement touchés, mais aussi pour tout le monde, de manière étendue et indiscriminée, y compris pour tous ceux qui, à des milliers de kilomètres de distance, souffrent des effet collatéraux – il suffit de penser aux problèmes du blé et du prix du carburant. Ce n’est certes pas l’ère post-Covid que nous espérions ou attendions. En effet, cette guerre, comme tous les autres conflits répandus de par le monde, est une défaite pour l’humanité entière et pas seulement pour les parties directement impliquées. Alors qu’un vaccin a été trouvé pour la Covid-19, des solutions adéquates n’ont pas encore été trouvées pour la guerre. Le virus de la guerre est certainement plus difficile à vaincre que ceux qui affectent l’organisme humain, car il ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur, du cœur humain, corrompu par le péché (cf. Évangile de Marc 7, 17-23). 5. Que nous est-il donc demandé de faire ? Tout d’abord, de nous laisser changer le cœur par l’urgence que nous avons vécue, c’est-à-dire permettre à Dieu, à travers ce moment historique, de transformer nos critères habituels d’interprétation du monde et de la réalité. Nous ne pouvons plus penser seulement à préserver l’espace de nos intérêts personnels ou nationaux, mais nous devons y penser à la lumière du bien commun, avec un sens communautaire c’est-à-dire comme un “nous” ouvert à la fraternité universelle. Nous ne pouvons pas continuer à nous protéger seulement nous-mêmes, mais il est temps de nous engager tous pour guérir notre société et notre planète, en créant les bases d’un monde plus juste et plus pacifique, effectivement engagé dans la poursuite d’un bien qui soit vraiment commun. Pour y parvenir et vivre mieux après l’urgence de la Covid-19, nous ne pouvons pas ignorer un fait fondamental : les nombreuses crises morales, sociales, politiques et économiques que nous vivons sont toutes interconnectées. Ce que nous considérons comme étant des problèmes individuels sont en réalité causes ou conséquences les unes des autres. Nous sommes appelés à relever les défis de notre monde, avec responsabilité et compassion. Nous devons réexaminer la question de la garantie de la santé publique pour tous ; promouvoir des actions en faveur de la paix pour mettre fin aux conflits et aux guerres qui continuent à faire des victimes et à engendrer la pauvreté ; prendre soin, de manière concertée, de notre maison commune et mettre en œuvre des mesures claires et efficaces pour lutter contre le changement climatique ; combattre le virus des inégalités et garantir l’alimentation ainsi qu’un travail décent pour tous, en soutenant ceux qui n’ont pas même un salaire minimum et se trouvent en grande difficulté. Le scandale des peuples affamés nous blesse. Nous devons développer, avec des politiques appropriées, l’accueil et l’intégration, en particulier des migrants et de ceux qui vivent comme des rejetés dans nos sociétés. Ce n’est qu’en nous dépensant dans ces situations, avec un désir altruiste inspiré par l’amour infini et miséricordieux de Dieu, que nous pourrons construire un monde nouveau et contribuer à édifier le Royaume de Dieu qui est un Royaume d’amour, de justice et de paix. En partageant ces réflexions, je souhaite qu’au cours de la nouvelle année, nous puissions marcher ensemble en conservant précieusement ce que l’histoire peut nous apprendre. Je présente mes meilleurs vœux aux Chefs d’État et de Gouvernement, aux Responsables des Organisations internationales, aux Leaders des différentes religions. À tous les hommes et femmes de bonne volonté, je leur souhaite de construire, jour après jour en artisans de la paix, une bonne année ! Que Marie Immaculée, Mère de Jésus et Reine de la Paix, intercède pour nous et pour le monde entier. Du Vatican, le 8 décembre 2022 [...] Lire la suite…
15 août 2022Lettre pastorale du cardinal Jules SALIEGE, archevêque de Toulouse, sur la personne humaine (23 août 1942) « Mes très chers Frères, Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer. Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle. Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe‐t‐il plus ? Pourquoi sommes‐nous des vaincus ? Seigneur ayez pitié de nous. Notre‐Dame, priez pour la France. Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier. France, patrie bien aimée, France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs. Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement. » Jules‐Géraud Saliège, Archevêque de Toulouse, 23 août 1942 [...] Lire la suite…
20 juillet 2022Conférence le mercredi 3 août 2022 à 20h30 au Château du Hénan à  Névez, par Alexandre POUSSIN, grand reporter, et le Père Emeric AMYOT d’INVILLE, directeur du foyer Tanjomoha. Madagascar, l’un des pays les plus défavorisés et vulnérables du monde, abrite cependant une faune et une flore d’une richesse incomparable : les endémiques lémuriens, les forêts tropicales, les plages et récifs sauvages et les emblématiques baobabs dans le grand sud. C’est à Vohipeno, sur la côte sud-est de l’île, qu’a été fondé en 1986 le Foyer de Tanjomoha pour donner une chance aux plus démunis (jeunes handicapés, orphelins, enfants malnutris, etc.) de se préparer un avenir meilleur par les soins et l’éducation. En février, deux violents cyclones, Batsiraï et Emnati, se sont abattus à 15 jours d’intervalle sur la région, laissant derrière eux un cortège de destructions aux niveaux des cultures, des habitations et des infrastructures. Cela a entrainé une grave pénurie alimentaire et une précarité pour les populations sinistrées. Tanjomoha a organisé en urgence une relance agricole de grande ampleur et a reconstruit des cases en grand nombre pour les plus pauvres. La conférence vous fera découvrir ce magnifique pays qu’Alexandre Poussin a parcouru à pied, avec sa famille (près de 5000km) ainsi que le Foyer de Tanjomoha, mission dirigée par le Père Emeric Amyot d’Inville. Lors de son périple, Alexandre Poussin est passé deux fois à Tanjomoha qu’il a filmé sous tous ses aspects. Vous verrez de larges extraits du film Mada Trek avec notamment une séquence sur le Foyer de Tanjomoha. Alexandre, Sonia son épouse, leurs enfants et le P. Emeric viennent au Château du Hénan pour partager avec vous les richesses de cet exploit familial et de ces actions humanitaires. Alexandre Poussin, grand reporter et écrivain passionné de rencontres, de nature et de grands espaces. Il est membre de la Société des Explorateurs Français et auteur de la série documentaire “Mada Trek” Le Père Emeric Amyot d’Inville est en mission à Tanjomoha depuis 23 ans Pour se rendre au château du Hénan (Névez), scannez le plan ci-dessous : Scanner le QRcode [...] Lire la suite…
22 mars 2022Lettre du Saint Père François, prière, paix et consécration COMMUNIQUE DE LA CONFERENCE DES EVÊQUES DE FRANCE Vendredi 25 mars, jour de la fête de l’Annonciation, le Pape consacrera la Russie et l’Ukraine au cœur Immaculé de Marie. Le Pape appelle les évêques et les prêtres du monde entier à s’unir à cette démarche, dans le contexte dramatique de la guerre en Ukraine. C’est un acte historique que va poser le pape François le 25 mars prochain à 17h. Reprenant la demande faite par Notre-Dame aux bergers de Fatima en 1917, il prononcera la consécration de l’Ukraine et de la Russie au cœur Immaculé de Marie lors d’une célébration pénitentielle à la Basilique Saint-Pierre de Rome. Au même instant, le Cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique, accomplira à la demande du Pape la même démarche au sanctuaire marial de Fatima au Portugal. Les évêques du monde entier sont invités à s’associer à cette consécration depuis leur diocèse, confiant ainsi l’Ukraine et la Russie à la prière et à l’intercession toute spéciale de la Vierge Marie. Le pape François a appelé à plusieurs reprises les chrétiens à jeûner et à prier pour la paix en Ukraine. Le premier jour du Carême, le Mercredi des Cendres, avait ainsi été consacré à cette intention. Le 6 mars, il a lancé un appel vibrant aux chrétiens du monde entier, à prier pour l’Ukraine, où « coulent des fleuves de sang et de larmes ». Appel renouvelé le 13 mars lors de l’angélus, lorsqu’il a demandé « à toutes les communautés diocésaines et religieuses de multiplier les moments de prière pour la Paix ». Parallèlement à ces démarches spirituelles, de nombreuses initiatives solidaires voient le jour dans les diocèses, en particulier pour participer à l’accueil des réfugiés ukrainiens ou au soutien des populations civiles restées sur place. C’est le cas par exemple de la plateforme « Ensemble pour l’accueil des exilés », une initiative née d’une collaboration entre le Service National Mission et Migrations de la CEF, la Fédération de l’Entraide Protestante, JRS France et le Secours Catholique, qui soutient la mobilisation citoyenne pour l’accueil des personnes exilées. Texte de la Consécration au Cœur Immaculé de Marie Les paroissiens de Notre Dame des 12 Apôtres Concarneau qui le souhaitent sont invités à se rassembler ce vendredi 25 mars dans l’église Sts Pierre et Paul de Melgven de 17H00 à 17H30 pour s’unir à ce temps de prière. Mgr DOGNIN conduira la prière mariale au même moment à la Cathédrale St Corentin à Quimper. [...] Lire la suite…
7 mars 2022Depuis plus d’une semaine la Russie a déclenché une guerre en Ukraine jetant sur les routes des centaines de milliers de personnes, causant des dégâts considérables dans ce pays et de nombreuses victimes des deux côtés. Cette guerre nous plonge dans une grande tristesse et une inquiétude pour l’avenir.Cela est d’autant plus tragique, que ces deux peuples frères, qui s’entretuent aujourd’hui, ont des sœurs, des cousins ou des amis de part et d’autre de leurs frontières et une histoire commune.Nous avions réussi à construire la paix dans notre continent qui avait connu tant de guerres par le passé. Nous en sommes d’autant plus profondément meurtris.Nous venons juste d’entrer dans le Carême durant lequel nous suivons Jésus dans le combat qu’il a mené contre le Mal et dans le chemin qui l’a conduit à souffrir et à mourir sur la Croix. Cette année, comment ne pas associer notre Carême à la souffrance des Ukrainiens mais aussi des Russes qui, pour beaucoup d’entre eux, n’ont pas souhaité cette guerre.Nous avons prié et jeûné le mercredi des Cendres, le 2 mars, pour la paix en Ukraine. Continuons de prier au sein de nos paroisses, de nos mouvements, de nos familles. Prions pour les victimes, prions pour les réfugiés, pour tous ceux qui sont restés au pays pour le défendre ou qui ne peuvent pas partir. Prions aussi pour les dirigeants de tous les pays du monde afin qu’ils choisissent les moyens justes pour faire advenir la paix.Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant tant de souffrance. C’est pourquoi j’invite tous les catholiques de notre diocèse de Quimper et Léon à contribuer par leur aide financière à soutenir les associations qui prennent en charge les réfugiés. Par exemple, le Secours Catholique qui est en lien direct avec les Caritas d’Ukraine et de Pologne, l’œuvre d’Orient ou Aide à l’Église en Détresse (AED). Des initiatives sont déjà prises également par des associations et des paroisses pour préparer l’accueil de réfugiés dans le Finistère.Quelle qu’elle soit, votre aide sera précieuse, et que le Seigneur nous inspire ce que nous devons faire pour soulager ces misères et faire advenir la paix.Le Carême se terminera le 17 avril par la fête de la Résurrection de Jésus, le Sauveur du monde. Que ce chemin vers Pâques nous maintienne dans l’espérance et dans l’action.« Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. » Saint Paul (Rm 12, 21) † Laurent DOGNINÉvêque de Quimper et Léon [...] Lire la suite…
11 février 2022Par Mathilde de ROBIEN, site Aleteia, le 9 février 2022 Auteur : P.RAZZO I CIRIC A la veille de la journée mondiale des malades (…), le père Arnaud TOURY, prêtre et infirmier, apporte un éclairage lumineux sur la place et le rôle, sans cesse à ajuster, de celui ou celle qui visite un proche malade. La souffrance d’un proche malade ou en fin de vie déstabilise, paralyse parfois. Elle fait naître un certain malaise qui empêche d’être soi-même. Trouver un sujet de conversation adéquat à la situation paraît insurmontable. On préfère alors se taire plutôt que d’être maladroit. Quelle attitude adopter ? Afficher une mine décomposée ou sur-jouer l’insouciance ? Quels gestes poser ? Prendre sa main dans la sienne n’est-il pas trop intrusif ? Mais se passer de gestes physiques ne serait-il pas perçu comme de la froideur ? Le père Arnaud TOURY (…) fournit quelques pistes pour visiter un malade et faire éclore le dialogue. 1. SE SENTIR DÉMUNI, C’EST BON SIGNE ! Il arrive de demeurer totalement démuni lors d’une visite à une personne malade. Le père Arnaud Toury est rassurant : « C’est bon signe, de se sentir démuni ! Ce serait inquiétant de savoir exactement comment faire. » Il est normal de ne pas savoir quoi faire ou quoi dire dans la mesure où une partie de la personne malade est devenue inaccessible à ses proches. « La souffrance met la personne malade dans une situation d’incommunicabilité. Elle ne peut pas dire, pas traduire sa souffrance », souligne le prêtre. De ce fait, l’entourage est nécessairement maladroit car il ne sait pas ce que vit la personne malade. Et ce, même s’il a traversé une maladie similaire ! Une des phrases à bannir est : « Je sais ce que c’est » ou « Je sais ce que tu ressens. » Non ! Chaque personne est unique et vit la maladie différemment. Visiter un proche malade, c’est accepter le fait d’être démuni, c’est entrer dans une démarche d’humilité et d’écoute. Se sentir démuni est bon signe aussi car cela engendre une forme de communion entre la personne visitée et le visiteur. « Les deux personnes sont finalement dans une situation d’incommunicabilité, l’une parce qu’elle ne peut pas dire sa souffrance, l’autre parce qu’elle ne sait pas quoi dire. Dans cette incommunicabilité se trouve une forme de communion », constate le père Arnaud TOURY. 2. OFFRIR SA SIMPLE PRÉSENCEL’enjeu, lors d’une visite à une personne malade, est de lui faire savoir que quelqu’un est là pour elle, et qu’elle peut faire appel à lui quand elle le souhaitera. Visiter chaque jour et de longues heures une personne malade qui ne parle pas beaucoup pourrait paraître inutile voire absurde. Mais une simple présence a un prix inestimable. « La personne malade a besoin de savoir que quelqu’un est présent », précise le prêtre infirmier. « Elle peut désirer être seule dans sa chambre, mais elle sait que si elle le souhaite, quelqu’un est là ». Paul Claudel écrivait : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence. » Celui qui visite une personne malade est appelé à la même vocation. Il peut dire par exemple : « Je n’imagine pas ce que tu vis, je n’ai pas les mots, je serais maladroit et je t’en demande pardon, mais si tu as besoin de moi, je suis là ». 3. LAISSER LE MALADE ÊTRE LE SUJET DE SA VIEA l’instar de Jésus face à l’aveugle Bartimée, le proche d’une personne malade est invité à ne pas s’imposer et la laisser à la manœuvre. Si le visiteur se met à son écoute, s’il fait de la place en lui pour recevoir les paroles confiées, les petits signes donnés, alors il peut réellement se mettre à son service. Dans l’Evangile, Jésus demande à Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Mc 10, 51) Tout le monde sait ce qu’aimerait l’aveugle ! Mais Jésus n’impose pas son point de vue. « Jésus ne procède pas comme cela. Il le laisse être le sujet de sa vie », engage le père Arnaud TOURY, tout en donnant un exemple concret : « Si je prends la main d’une personne malade, je ne la serre pas, je reçois sa main, et lui laisse la possibilité, si elle le souhaite, de se cramponner ». L’objectif ? Créer un espace où le dialogue puisse émerger, au lieu d’entamer un monologue qui ne laisse que peu de place à l’autre. « La priorité doit être donnée à la parole du malade », souligne le prêtre. Ce qui n’exclut pas des temps de silence, qui, comme dans la liturgie, permettent de faire résonner la parole. [...] Lire la suite…
8 février 2022Le 30ème Dimanche de la Santé aura lieu cette année le dimanche 13 février 2022, autour d’un mot : « Heureux » ! Depuis 1992, l’Église universelle célèbre tous les 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, la Journée Mondiale du Malade. Son thème cette année est « Soyez miséricordieux, comme votre père est miséricordieux ».La Journée mondiale du malade se décline dans les diocèses français en un Dimanche de la Santé, pour rappeler que l’accompagnement des personnes souffrantes et la préservation du don de santé sont des priorités évangéliques. La santé ne concerne pas uniquement les personnes malades, mais aussi l’ensemble des personnes âgées, seules et handicapées. Les soignants eux aussi sont associés aux préoccupations de la Pastorale de la Santé. Aussi, chaque année, le pape François publie un message à destination de tous à l’occasion de la Journée Mondiale du Malade et du Dimanche de la Santé. « Soyez miséricordieux, comme votre père est miséricordieux » (Lc 6, 36).Se tenir à côté de celui qui souffre sur le chemin de la charité Lire le message du pape François PRIERE POUR LE 30ème DIMANCHE DE LA SANTE Seigneur Jésus,Toi l’homme des Béatitudes, toi, le pauvre, le doux,Le juste, le miséricordieux, donne-nous de vivrePar toi, avec Toi et en Toi.Quelques soient les évènementsQue nous traversons ou les difficultésQue nous avons à affronter,Permets que nous n’oublions jamaisQue Tu marches avec nous,Que Tu nous prends par la main,Et qu’être heureux,C’est te savoir à nos côtésQuoi qu’il nous advienne.Ainsi soit-il. Chantal Lavoillotte [...] Lire la suite…
20 janvier 2022LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE «MOTU PROPRIO» DU SOUVERAIN PONTIFE FRANÇOIS APERUIT ILLIS, PAR LAQUELLE EST INSTITUÉ LE DIMANCHE DE LA PAROLE DE DIEU 1.« Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures » (Lc 24, 45). Voilà l’un des derniers gestes accomplis par le Seigneur ressuscité, avant son Ascension. Il apparaît aux disciples alors qu’ils sont rassemblés dans un même lieu, il rompt avec eux le pain et ouvre leur esprit à l’intelligence des Saintes Écritures. À ces hommes effrayés et déçus, il révèle le sens du mystère pascal : c’est-à-dire que, selon le projet éternel du Père, Jésus devait souffrir et ressusciter des morts pour offrir la conversion et le pardon des péchés (cf. Lc 24, 26.46-47) et promet l’Esprit Saint qui leur donnera la force d’être témoins de ce Mystère de salut (cf. Lc 24, 49). La relation entre le Ressuscité, la communauté des croyants et l’Écriture Sainte est extrêmement vitale pour notre identité. Si le Seigneur ne nous y introduit pas, il est impossible de comprendre en profondeur l’Écriture Sainte. Pourtant le contraire est tout aussi vrai : sans l’Écriture Sainte, les événements de la mission de Jésus et de son Église dans le monde restent indéchiffrables. De manière juste, Saint Jérôme pouvait écrire : « Ignorer les Écritures c’est ignorer le Christ » (In Is., prologue : PL 24, 17) 2. En conclusion du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, j’avais demandé que l’on pense à « un dimanche entièrement consacré à la Parole de Dieu, pour comprendre l’inépuisable richesse qui provient de ce dialogue constant de Dieu avec son peuple » (Misericordia et misera, n. 7). Consacrer de façon particulière un dimanche de l’Année liturgique à la Parole de Dieu permet, par-dessus tout, de faire revivre à l’Église le geste du Ressuscité qui ouvre également pour nous le trésor de sa Parole afin que nous puissions être dans le monde des annonciateurs de cette richesse inépuisable. À cet égard, les enseignements de Saint Éphrem me viennent à l’esprit : « Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d’une seule de tes paroles, Seigneur ? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, comme des gens assoiffés qui boivent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l’étudient. Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu’il aime. Et dans sa parole il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu’il médite » (Commentaires sur le Diatessaron, 1, 18). Par cette Lettre, j’entends donc répondre à de nombreuses demandes qui me sont parvenues de la part du peuple de Dieu, afin que, dans toute l’Église, on puisse célébrer en unité d’intentions le Dimanche de la Parole de Dieu. Il est désormais devenu une pratique courante de vivre des moments où la communauté chrétienne se concentre sur la grande valeur qu’occupe la Parole de Dieu dans son quotidien. Dans les diverses Églises locales, de nombreuses initiatives rendent les Saintes Écritures plus accessibles aux croyants, ce qui les rend reconnaissants pour un tel don, engagés à le vivre quotidiennement et responsables de le témoigner avec cohérence. Le Concile œcuménique Vatican II a donné une grande impulsion à la redécouverte de la Parole de Dieu par la Constitution dogmatique Dei Verbum. De ces pages, qui méritent toujours d’être méditées et vécues, émerge clairement la nature de l’Écriture Sainte, transmise de génération en génération (chap. II), son inspiration divine (chap. III) qui embrasse Ancien et Nouveau Testament (Chap. IV et V) et son importance pour la vie de l’Église (chap. VI). Pour accroître cet enseignement, Benoît XVI convoqua en 2008 une Assemblée du Synode des Évêques sur le thème « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église », à la suite de laquelle il publia l’Exhortation Apostolique Verbum Domini, qui constitue un enseignement incontournable pour nos communautés. Dans ce document, le caractère performatif de la Parole de Dieu est particulièrement approfondi surtout, lorsque dans l’action liturgique, émerge son caractère proprement sacramentel. Il est donc bon que ne manque jamais dans la vie de notre peuple ce rapport décisif avec la Parole vivante que le Seigneur ne se lasse jamais d’adresser à son Épouse, afin qu’elle puisse croître dans l’amour et dans le témoignage de foi. 3. J’établis donc que le IIIe Dimanche du Temps Ordinaire soit consacré à la célébration, à la réflexion et à la proclamation de la Parole de Dieu. Ce dimanche de la Parole de Dieu viendra ainsi se situer à un moment opportun de cette période de l’année, où nous sommes invités à renforcer les liens avec la communauté juive et à prier pour l’unité des chrétiens. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence temporelle : célébrer le Dimanche de la Parole de Dieu exprime une valeur œcuménique, parce que l’Écriture Sainte indique à ceux qui se mettent à l’écoute le chemin à suivre pour parvenir à une unité authentique et solide. Les communautés trouveront le moyen de vivre ce dimanche comme un jour solennel. Il sera important, en tout cas que, dans la célébration eucharistique, l’on puisse introduire le texte sacré, de manière à rendre évidente à l’assemblée la valeur normative que possède la Parole de Dieu. En ce dimanche, de façon particulière, il sera utile de souligner sa proclamation et d’adapter l’homélie pour mettre en évidence le service rendu à la Parole du Seigneur. Les Évêques pourront, en ce dimanche, célébrer le rite du lectorat ou confier un ministère similaire, pour rappeler l’importance de la proclamation de la Parole de Dieu dans la liturgie. Il est fondamental, en effet, de faire tous les efforts nécessaires pour former certains fidèles à être de véritables annonciateurs de la Parole avec une préparation adéquate, comme cela se produit de manière désormais habituelle pour les acolytes ou les ministres extraordinaires de la communion. De la même manière, les prêtres en paroisse pourront trouver la forme la plus adéquate pour la remise de la Bible, ou de l’un de ses livres, à toute l’assemblée, afin de faire ressortir l’importance d’en continuer la lecture dans sa vie quotidienne, de l’approfondir et de prier avec la Sainte Écriture, se référant de manière particulière à la Lectio Divina. 4. Le retour du peuple d’Israël dans sa patrie, après l’exil babylonien, fut marqué de façon significative par la lecture du livre de la Loi. La Bible nous offre une description émouvante de ce moment dans le livre de Néhémie. Le peuple est rassemblé à Jérusalem sur la place de la Porte des Eaux à l’écoute de la Loi. Dispersé par la déportation, il se retrouve maintenant rassemblé autour de l’Écriture Sainte comme s’il était « un seul homme » (Ne 8, 1). À la lecture du livre sacré, le peuple « écoutait » (Ne 8, 3), sachant qu’il retrouvait dans cette parole le sens des événements vécus. La réaction à la proclamation de ces paroles fut l’émotion et les pleurs : « Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre. Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! » (Ne 8, 8-10). Ces mots contiennent un grand enseignement. La Bible ne peut pas être seulement le patrimoine de quelques-uns et encore moins une collection de livres pour quelques privilégiés. Elle appartient, avant tout, au peuple convoqué pour l’écouter et se reconnaître dans cette Parole. Souvent, il y a des tendances qui tentent de monopoliser le texte sacré en le reléguant à certains cercles ou groupes choisis. Il ne peut en être ainsi. La Bible est le livre du peuple du Seigneur qui, dans son écoute, passe de la dispersion et de la division à l’unité. La Parole de Dieu unit les croyants et les rend un seul peuple. 5. Dans cette unité générée par l’écoute, les pasteurs ont en premier lieu la grande responsabilité d’expliquer et de permettre à tous de comprendre l’Écriture Sainte. Puisqu’elle est le livre du peuple, ceux qui ont la vocation d’être ministres de la Parole doivent ressentir avec force l’exigence de la rendre accessible à leur communauté. L’homélie, en particulier, revêt une fonction tout à fait particulière, car elle possède « un caractère presque sacramentel » (Evangelii Gaudium, n. 142). Faire entrer en profondeur dans la Parole de Dieu, dans un langage simple et adapté celui qui écoute, permet au prêtre de faire découvrir également la « beauté des images que le Seigneur utilisait pour stimuler la pratique du bien » (Ibid.). C’est une opportunité pastorale à ne pas manquer ! Pour beaucoup de nos fidèles, en effet, c’est l’unique occasion qu’ils possèdent pour saisir la beauté de la Parole de Dieu et de la voir se référer à leur vie quotidienne. Il faut donc consacrer le temps nécessaire à la préparation de l’homélie. On ne peut improviser le commentaire aux lectures sacrées. Pour nous, comme prédicateurs, il est plutôt demandé de ne pas s’étendre au-delà de la mesure avec des homélies ou des arguments étrangers. Quand on s’arrête pour méditer et prier sur le texte sacré, on est capable de parler avec son cœur pour atteindre le cœur des personnes qui écoutent, pour exprimer l’essentiel qui est reçu et qui produit du fruit. Ne nous lassons jamais de consacrer du temps et de prier avec l’Écriture Sainte, pour qu’elle soit accueillie « pour ce qu’elle est réellement, non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu » (1Th 2, 13). Il est également souhaitable que les catéchistes, par le ministère dont ils sont revêtus, aident à faire grandir dans la foi, ressentant l’urgence de se renouveler à travers la familiarité et l’étude des Saintes Écritures, leur permettant de favoriser un vrai dialogue entre ceux qui les écoutent et la Parole de Dieu. 6. Avant de se manifester aux disciples enfermés au cénacle et de les ouvrir à l’intelligence de l’Écriture (cf. Lc 24, 44-45), le Ressuscité apparaît à deux d’entre eux sur le chemin qui mène de Jérusalem à Emmaüs (cf. 24, 13-35). Le récit de l’évangéliste Luc note que c’est le jour de la Résurrection, c’est-à-dire le dimanche. Ces deux disciples discutent sur les derniers événements de la passion et de la mort de Jésus. Leur chemin est marqué par la tristesse et la désillusion de la fin tragique de Jésus. Ils avaient espéré en Lui le voyant comme le Messie libérateur, mais ils se trouvent devant le scandale du Crucifié. Discrètement, le Ressuscité s’approche et marche avec les disciples, mais ceux-ci ne le reconnaissent pas (cf. v. 16). Au long du chemin, le Seigneur les interroge, se rendant compte qu’ils n’ont pas compris le sens de sa passion et de sa mort ; il les appelle « esprits sans intelligence et lents à croire » (v. 25) « et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait » (v. 27) Le Christ est le premier exégète ! Non seulement les Écritures anciennes ont anticipé ce qu’Il aurait réalisé, mais Lui-même a voulu être fidèle à cette Parole pour rendre évidente l’unique histoire du salut qui trouve dans le Christ son accomplissement. 7. La Bible, par conséquent, en tant qu’Écriture Sainte, parle du Christ et l’annonce comme celui qui doit traverser les souffrances pour entrer dans la gloire (cf. v. 26). Ce n’est pas une seule partie, mais toutes les Écritures qui parlent de Lui. Sa mort et sa résurrection sont indéchiffrables sans elles. C’est pourquoi l’une des confessions de foi les plus anciennes souligne que « le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre » (1Co 15, 3-5). Puisque les Écritures parlent du Christ, elles permettent de croire que sa mort et sa résurrection n’appartiennent pas à la mythologie, mais à l’histoire et se trouvent au centre de la foi de ses disciples. Le lien entre l’Écriture Sainte et la foi des croyants est profond. Puisque la foi provient de l’écoute et que l’écoute est centrée sur la parole du Christ (cf. Rm 10, 17), l’invitation qui en découle est l’urgence et l’importance que les croyants doivent réserver à l’écoute de la Parole du Seigneur, tant dans l’action liturgique que dans la prière et la réflexion personnelle. 8. Le « voyage » du Ressuscité avec les disciples d’Emmaüs se termine par le repas. Le mystérieux Voyageur accepte l’insistante demande que lui adressent les deux compagnons : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse » (Lc 24, 29). S’assoyant à table avec eux, Jésus prend le pain, récite la bénédiction, le rompt et le leur donne. Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. (cf. v. 31) Nous comprenons de cette scène, combien est inséparable le rapport entre l’Écriture Sainte et l’Eucharistie. Le Concile Vatican II enseigne : « L’Église a toujours vénéré les divines Écritures comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie de la table de la Parole de Dieu et de celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles » (Dei Verbum, n. 21). La fréquentation constante de l’Écriture Sainte et la célébration de l’Eucharistie rendent possible la reconnaissance entre personnes qui s’appartiennent. En tant que chrétiens, nous sommes un seul peuple qui marche dans l’histoire, fort de la présence du Seigneur parmi nous qui nous parle et nous nourrit. Ce jour consacré à la Bible veut être non pas « une seule fois par an », mais un événement pour toute l’année, parce que nous avons un besoin urgent de devenir familiers et intimes de l’Écriture Sainte et du Ressuscité, qui ne cesse de rompre la Parole et le Pain dans la communauté des croyants. C’est pourquoi nous avons besoin d’entrer constamment en confiance avec l’Écriture Sainte, sinon le cœur restera froid et les yeux resteront fermés, frappés comme par d’innombrables formes de cécité. Écriture et Sacrements sont donc inséparables. Lorsque les sacrements sont introduits et illuminés par la Parole, ils se manifestent plus clairement comme le but d’un chemin où le Christ lui-même ouvre l’esprit et le cœur pour reconnaître son action salvifique. Il est nécessaire, dans ce contexte, de ne pas oublier l’enseignement qui vient du livre de l’Apocalypse. Il est dit ici que le Seigneur est à la porte et qu’Il frappe. Si quelqu’un entend sa voix et lui ouvre, Il entre pour dîner avec lui (cf. 3, 20). Le Christ Jésus, à travers l’Écriture Sainte, frappe à notre porte; si nous écoutons et ouvrons la porte de notre esprit et celle de notre cœur, alors Il entrera dans notre vie et demeurera avec nous. Dans la deuxième lettre à Timothée, qui constitue en quelque sorte son testament spirituel, saint Paul recommande à son fidèle collaborateur de fréquenter constamment l’Écriture Sainte. L’Apôtre est convaincu que « toute l’Écriture est inspirée par Dieu ; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice » (cf. 3, 16). Cette recommandation de Paul à Timothée constitue une base sur laquelle la Constitution conciliaire Dei Verbum aborde le grand thème de l’inspiration de l’Écriture Sainte, une base dont émergent en particulier la finalité salvifique, la dimension spirituelle et le principe de l’incarnation pour l’Écriture Sainte. Rappelant tout d’abord la recommandation de Paul à Timothée, Dei Verbum souligne que « les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consigner dans les Lettres sacrées pour notre salut » (n. 11). Puisque celles-ci enseignent en vue du salut pour la foi dans le Christ (2 Tm 3, 15), les vérités qu’elles contiennent servent à notre salut. La Bible n’est pas une collection de livres d’histoires ni de chroniques, mais elle est entièrement tournée vers le salut intégral de la personne. L’indéniable enracinement historique des livres contenus dans le texte sacré ne doit pas faire oublier cette finalité primordiale : notre salut. Tout est orienté vers cette finalité inscrite dans la nature même de la Bible, qui est composée comme histoire du salut dans laquelle Dieu parle et agit pour aller à la rencontre de tous les hommes, pour les sauver du mal et de la mort. Pour atteindre ce but salvifique, l’Écriture Sainte, sous l’action de l’Esprit Saint, transforme en Parole de Dieu la parole des hommes écrite de manière humaine (cf. Dei Verbum, n. 12). Le rôle de l’Esprit Saint dans la Sainte Écriture est fondamental. Sans son action, le risque d’être enfermé dans le texte serait toujours un danger, rendant facile l’interprétation fondamentaliste, d’où nous devons rester à l’écart afin de ne pas trahir le caractère inspiré, dynamique et spirituel que possède le texte sacré. Comme le rappelle l’Apôtre, « la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » (2 Co 3, 6). Le Saint-Esprit transforme donc la Sainte Écriture en une Parole vivante de Dieu, vécue et transmise dans la foi de son peuple saint. 10. L’action de l’Esprit Saint ne concerne pas seulement la formation de l’Écriture Sainte, mais agit aussi chez ceux qui se mettent à l’écoute de la Parole de Dieu. Elle est importante l’affirmation des Pères conciliaires selon laquelle l’Écriture Sainte doit être « lue et interprétée à la lumière du même Esprit par lequel elle a été écrite » (Dei Verbum, n. 12). Avec Jésus Christ, la révélation de Dieu atteint son accomplissement et sa plénitude ; pourtant, l’Esprit Saint continue son action. En effet, il serait réducteur de limiter l’action de l’Esprit Saint uniquement à la nature divinement inspirée de l’Écriture Sainte et à ses différents auteurs. Il est donc nécessaire d’avoir confiance en l’action de l’Esprit Saint qui continue à réaliser sa forme particulière d’inspiration lorsque l’Église enseigne l’Écriture Sainte, lorsque le Magistère l’interprète authentiquement (cf. ibid., 10) et quand chaque croyant en fait sa norme spirituelle. Dans ce sens, nous pouvons comprendre les paroles de Jésus quand, aux disciples qui lui confirment avoir saisi le sens de ses paraboles, Il dit : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien » (Mt 13, 52). 11. Dei Verbum précise enfin que « les paroles de Dieu, passant par les langues humaines, sont devenues semblables au langage des hommes, de même que jadis le Verbe du Père éternel, ayant assumé l’infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes » (n. 13). C’est comme dire que l’Incarnation du Verbe de Dieu donne forme et sens à la relation entre la Parole de Dieu et le langage humain, avec ses conditions historiques et culturelles. C’est dans cet événement que prend forme la Tradition, qui elle aussi est Parole de Dieu (cf. Ibid., n. 9). On court souvent le risque de séparer entre elles l’Écriture Sainte et la Tradition, sans comprendre qu’ensemble elles sont l’unique source de la Révélation. Le caractère écrit de la première ne diminue en rien le fait qu’elle soit pleinement parole vivante ; de même que la Tradition vivante de l’Église, qui la transmet sans cesse au cours des siècles de génération en génération, possède ce livre sacré comme la « règle suprême de la foi » (Ibid., n. 21). D’ailleurs, avant de devenir un texte écrit, la Parole de Dieu a été transmise oralement et maintenue vivante par la foi d’un peuple qui la reconnaissait comme son histoire et son principe d’identité parmi tant d’autres peuples. La foi biblique se fonde donc sur la Parole vivante et non pas sur un livre. 12. Lorsque l’Écriture Sainte est lue dans le même esprit que celui avec lequel elle a été écrite, elle demeure toujours nouvelle. L’Ancien Testament n’est jamais vieux une fois qu’on le fait entrer dans le Nouveau, car tout est transformé par l’unique Esprit qui l’inspire. Tout le texte sacré possède une fonction prophétique : il ne concerne pas l’avenir, mais l’aujourd’hui de celui qui se nourrit de cette Parole. Jésus lui-même l’affirme clairement au début de son ministère : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » (Lc 4, 21). Celui qui se nourrit chaque jour de la Parole de Dieu se fait, comme Jésus, contemporain des personnes qu’il rencontre ; il n’est pas tenté de tomber dans des nostalgies stériles du passé ni dans des utopies désincarnées vers l’avenir. L’Écriture Sainte accomplit son action prophétique avant tout à l’égard de celui qui l’écoute. Elle provoque douceur et amertume. Rappelons-nous les paroles du prophète Ézéchiel lorsque le Seigneur l’invite à manger le rouleau du livre, il confie : « dans ma bouche il fut doux comme du miel » (cf. 3, 3). Même l’évangéliste Jean sur l’île de Patmos revit la même expérience qu’Ézéchiel de manger le livre, mais il ajoute quelque chose de plus spécifique : « Dans ma bouche il était doux comme le miel, mais, quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume » (Ap 10, 10). L’effet de douceur de la Parole de Dieu nous pousse à la partager avec ceux que nous rencontrons au quotidien pour leur exprimer la certitude de l’espérance qu’elle contient (cf. 1 P 3, 15-16). L’amertume, à son contraire, est souvent offerte lorsqu’on saisit à quel point il nous est difficile de vivre la parole de manière cohérente, ou se voit même refusée d’être touchée du doigt parce qu’elle n’est pas retenue valable pour donner un sens à la vie. Il est donc nécessaire de ne jamais s’accoutumer à la Parole de Dieu, mais de se nourrir de celle-ci pour découvrir et vivre en profondeur notre relation avec Dieu et avec nos frères. 13. Une autre provocation qui provient de l’Écriture Sainte est celle qui concerne la charité. Constamment la Parole de Dieu rappelle l’amour miséricordieux du Père qui demande à ses enfants de vivre dans la charité. La vie de Jésus est l’expression pleine et parfaite de cet amour divin qui ne retient rien pour lui-même, mais qui s’offre à tous sans réserve. Dans la parabole du pauvre Lazare, nous trouvons une indication précieuse. Lorsque Lazare et le riche meurent, celui-ci, voyant le pauvre dans le sein d’Abraham, demande qu’il soit envoyé à ses frères pour les avertir de vivre l’amour du prochain, pour éviter qu’eux aussi subissent ses propres tourments. La réponse d’Abraham est cinglante : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent » (Lc 16, 29). Écouter les Saintes Écritures pour pratiquer la miséricorde : c’est un grand défi pour notre vie. La Parole de Dieu est en mesure d’ouvrir nos yeux pour nous permettre de sortir de l’individualisme qui conduit à l’asphyxie et à la stérilité tout en ouvrant grand la voie du partage et de la solidarité. 14. L’un des épisodes les plus significatifs du rapport entre Jésus et les disciples est le récit de la Transfiguration. Jésus monte sur la montagne pour prier avec Pierre, Jacques et Jean. Les évangélistes se rappellent que, tandis que le visage et les vêtements de Jésus resplendissaient, deux hommes conversaient avec Lui : Moïse et Élie, qui incarnent respectivement la Loi et les Prophètes, c’est-à-dire les Saintes Écritures. La réaction de Pierre, à cette vue, est remplie d’un joyeux émerveillement : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie » (Lc 9, 33). A ce moment-là, une nuée les couvrit de son ombre et les disciples furent saisis de peur. La Transfiguration rappelle la fête des tentes, quand Esdras et Néhémie lisaient le texte sacré au peuple, après le retour de l’exil. Dans un même temps, elle anticipe la gloire de Jésus en préparation au scandale de la passion, gloire divine qui est également évoquée par la nuée qui enveloppe les disciples, symbole de la présence du Seigneur. Cette Transfiguration est semblable à celle de l’Écriture Sainte qui se transcende lorsqu’elle nourrit la vie des croyants. Comme le rappelle Verbum Domini : « Dans la saisie de l’articulation entre les différents sens de l’Écriture, il devient alors décisif de comprendre le passage de la lettre à l’esprit. Il ne s’agit pas d’un passage automatique et spontané ; il faut plutôt un dépassement de la lettre » (n. 38). 15. Sur le chemin d’accueil de la Parole de Dieu nous accompagne la Mère du Seigneur, reconnue comme bienheureuse parce qu’elle a cru en l’accomplissement de ce que le Seigneur lui avait dit (cf. Lc 1, 45). La béatitude de Marie précède toutes les béatitudes prononcées par Jésus pour les pauvres, les affligés, les humbles, les pacificateurs et ceux qui sont persécutés, car c’est la condition nécessaire pour toute autre béatitude. Aucun pauvre n’est bienheureux parce qu’il est pauvre ; Il le devient, comme Marie, s’il croit en l’accomplissement de la Parole de Dieu. C’est ce que rappelle un grand disciple et maître des Saintes Écritures, saint Augustin : « Quelqu’un au milieu de la foule, particulièrement pris par l’enthousiasme, s’écria : Bienheureux le sein qui t’a porté. Et lui de répondre : Bienheureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. C’est comme dire : ma mère, que tu appelles bienheureuse, est bienheureuse précisément parce qu’elle garde la Parole de Dieu, non pas parce que le Verbe est devenu chair en elle et a vécu parmi nous, mais parce qu’elle garde la parole même de Dieu par qui elle a été créée, et qu’en elle Il s’est fait chair » (Comm. l’év. de Jn., 10, 3). Que le Dimanche de la Parole de Dieu puisse faire grandir dans le peuple de Seigneur la religiosité et l’assiduité familière avec les Saintes Écritures, comme l’auteur sacré enseignait déjà dans les temps anciens « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 14). Donné à Rome, près de saint Jean du Latran, le 30 septembre 2019 En la mémoire liturgique de saint Jérôme, en ce début du 1600e anniversaire de sa mort. Cf. AAS 102 (2010), 692-787. « La sacramentalité de la Parole se comprend alors par analogie à la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin consacrés. En nous approchant de l’autel et en prenant part au banquet eucharistique, nous communions réellement au corps et au sang du Christ. La proclamation de la Parole de Dieu dans la célébration implique la reconnaissance que le Christ lui-même est présent et s’adresse à nous pour être écouté », Verbum Domini, 56. [...] Lire la suite…
14 janvier 2022Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toutes confessions du 18 au 25 janvier. Cette année, le thème choisi est : “Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage” C’est au Conseil des Églises du Moyen-Orient qu’il a été demandé de choisir et d’élaborer le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2022. Les chrétiens du Moyen-Orient sont heureux de proposer ce thème pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, conscients que le monde partage une grande partie de leurs souffrances et de leurs difficultés et aspire à trouver la lumière qui leur montrera la voie vers le Sauveur, lui qui sait comment surmonter les ténèbres. La pandémie mondiale de COVID-19, la crise économique qu’elle a générée, et l’échec des structures politiques, économiques et sociales à protéger les plus faibles et les plus vulnérables, ont fait ressortir que tous ont besoin d’une lumière qui brille dans les ténèbres. L’étoile qui resplendissait au Levant, au Moyen-Orient, il y a deux mille ans, nous invite encore à nous rendre auprès de la crèche, là où le Christ est né. Elle nous conduit vers le lieu où l’Esprit de Dieu est vivant et agit, vers la réalité de notre baptême et vers la conversion du cœur. Un comité international – composé de représentants du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Rome) et de la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises (Genève) – publie chaque année un document sur un thème préparé par un groupe interconfessionnel d’un pays. Il propose un thème biblique, un schéma de célébration œcuménique et des prières quotidiennes. En France, la réalisation et la diffusion du matériel pédagogique (visuel et divers outils pour célébrer cette Semaine de prière, téléchargeables sur semainedepriere.unitedeschretiens.fr) sont réalisés conjointement par le Conseil d’Églises chrétiennes en France et l’Association Unité Chrétienne. [...] Lire la suite…
9 décembre 2021Nous pourrions, à juste titre, nous poser la question, pourquoi l’arrivée imminente de la Nouvelle Traduction du Missel Romain est un « événement » ? Et tout simplement considérer que ce livre est le livre du prêtre. Nous le voyons, il est entre les mains de celui qui préside à notre assemblée ou porté à bout de bras par le petit servant avant que le missel ne se déplace sur la table eucharistique. Et pourtant c’est aussi le livre des fidèles. Et presque inconsciemment nous avons inscrit ses paroles au cœur de notre humanité célébrante. Quand le prêtre nous salue, « Le Seigneur soit avec vous », naturellement nous répondons « et avec votre Esprit » et il en va de même pour toute la liturgie de la messe. Cette nouvelle traduction va bien évidemment nous obliger à adopter quelques mots de vocabulaire différents et entendre des paroles liturgiques nouvelles. Cela va peut-être nous troubler, voire nous irriter mais ce travail de traduction francophone engagé depuis de nombreuses années se veut avant tout, comme le souligne le pape François, un travail de « Fidélité ». Cette nouvelle traduction ne travaille donc pas seulement sur les mots et les paroles mais invite chacun, chacune d’entre nous à mieux comprendre ce qui se vit au cœur de la messe. L’arrivée de la nouvelle traduction sera aussi une occasion de ressaisir la dimension communautaire et missionnaire de notre liturgie eucharistique. Dans une société qui accorde beaucoup d’importance à l’individualisation, la communauté réelle et rassemblée en Église devient une expérience incroyablement belle. Mais comme ce n’est jamais acquis, ni définitif il est nécessaire de redécouvrir chaque dimanche cette réalité profonde de notre communion eucharistique. Ce Missel Romain, ce livre de service, lui qui ne reçoit habituellement aucun honneur, nous le recevrons en Église, le 28 novembre prochain, 1er dimanche de l’Avent. Nous allons donc, tous ensemble, découvrir certains de ces changements, se les approprier et les utiliser au fur et à mesure de nos rassemblements. Ce livre « serviteur » de la présidence et de l’assemblée des fidèles, avec son inépuisable réservoir spirituel, nous sommes invités à l’accueillir comme un événement important, à le scruter, à en devenir familier et trouver le bonheur et l’art de célébrer. Jean-Louis JOURDAIN, délégué diocésain de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle Le service de la pastorale liturgique et sacramentelle de Quimper et Léon met à votre disposition un feuillet « Liturgie de la messe » pour permettre aux fidèles de mieux suivre la messe avec les changements induits par la nouvelle traduction liturgique du Missel Romain. Il est à disposition dans nos églises mais vous pouvez également le télécharger ci-dessous : [...] Lire la suite…
12 novembre 2021« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » À l’écoute des personnes victimes d’abus et instruits par le rapport de la CIASE, les évêques de France ont voulu se mettre sous la Parole de Dieu qui les pousse à agir en prenant les mesures pour que l’Église accomplisse sa mission en fidélité à l’Évangile du Christ. Rappel du point d’étape du 5 novembre 2021 Réunis en Assemblée plénière à Lourdes, après avoir reconnu lors de leur dernière Assemblée en mars 2021 leur responsabilité en tant qu’évêques, les évêques de France ont pu vérifier ce matin qu’ils étaient d’accord pour : Reconnaître la responsabilité institutionnelle de l’Église dans les violences qu’ont subies tant de personnes victimes.Reconnaître la dimension systémique de ces violences : au sens où elles ne sont pas seulement le fait d’individus isolés, mais ont été rendues possibles par un contexte global. Des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au sein de l’Église catholique ont permis que ces actes se perpétuent et ont empêché qu’ils soient dénoncés et sanctionnés.Reconnaître que cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation, qui ouvre la possibilité de demander pardon en vérité. À partir de cette nouvelle étape, et sur cette base commune, ils vont pouvoir étudier les suites à donner aux recommandations du rapport de la CIASE, avec l’aide de personnes victimes et des laïcs invités à Lourdes. Au sein de leur Assemblée réunie jusqu’à lundi, les évêques poursuivent leurs travaux dans ce sens. Mesures globales Instances nationales – Pour les personnes victimes de violences et d’agressions sexuelles, les évêques de France décident que l’INIA créée en mars 2021 devient l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (INIRR). Sa présidence est confiée à Mme Marie Derain de Vaucresson, juriste, cadre du ministère de la justice ancienne défenseure des enfants adjointe du défenseur des droits de 2011 à 2014, dont la mission commence dès à présent avec les moyens financiers nécessaires. (R27-31-32) Demande au Saint-Père Les évêques de France réunis en Assemblée demandent au Pape, de qui ils tiennent leur mission, d’envoyer une équipe de visiteurs afin d’évaluer cette mission en ce qui concerne la protection des mineurs et de donner, si nécessaire, les suites qui s’imposent à l’issue de leur visite. Financement 1.3.1 En vue d’indemniser les personnes victimes, les évêques de France s’engagent à abonder selon la nécessité le fonds SELAM en se dessaisissant de biens immobiliers et mobiliers de la CEF et des diocèses. (R33) 1.3.2 Un emprunt pourra être souscrit pour anticiper les besoins. Synodalité 1.4 Pour donner suite aux travaux de l’assemblée plénière avec les personnes victimes et les autres invités, les évêques de France constituent des groupes de travail composés de laïcs, diacres, prêtres, personnes consacrées, évêques. Des personnes victimes y seront associées. Ces groupes reçoivent une lettre de mission du Conseil Permanent avec un échéancier. Ils lui rendent compte de l’avancement de leurs travaux en vue de l’Assemblée plénière. L’ensemble des groupes est piloté par un coordinateur (homme ou femme) placé sous la responsabilité du Secrétaire Général de la Conférence des évêques. Il coordonne le suivi des recommandations de la CIASE et le travail des groupes synodaux. Un temps de réception global de ce travail aura lieu au printemps 2023 en collaboration avec les religieux/ses (CORREF) et l’ensemble des forces vives de l’Eglise en France. (R34) Les évêques décident la création des groupes de travail suivants : Partage de bonnes pratiques devant des cas signalésConfession et accompagnement spirituel (R8,45)Accompagnement des prêtres mis en cause (R1)Discernement vocationnel et formation des futurs prêtres (R44)Accompagnement du ministère des évêques (R13,34)Accompagnement du ministère des prêtres (R35,44)Manière d’associer les fidèles laïcs aux travaux de la Conférence des évêques (R34,36)Analyse des causes des violences sexuelles au sein de l’Eglise (R2)Moyens de vigilance et de contrôle des associations de fidèles menant la vie commune et de tout groupe s’appuyant sur un charisme particulier. (R5) Mesures particulières– Les évêques de France décident un audit externe des cellules d’écoute des personnes victimes, aboutissant à une charte commune et un mode d’évaluation régulier à confier au Conseil de prévention et de lutte contre la pédophilie. Cette charte et cette évaluation sont proposées aux instituts religieux et communautés (R 15 à 22).– Les évêques de France demandent la vérification systématique des antécédents judiciaires de tout agent pastoral (laïc, personne consacrée, clerc) appelé à travailler auprès des mineurs. (R1)– Les évêques de France décident pour tous les prêtres (séculiers et religieux) l’instauration d’un modèle national de celebret mis à jour régulièrement, avec indication de la faculté de confesser.– Les évêques de France demandent la participation d’au moins une femme au conseil de chaque séminaire et de maisons de formation, avec droit de vote. (R6 – 44)– Les évêques de France confient au CPLP la mise en place d’un référentiel national de mesures de prévention pour les diocèses, les mouvements et les communautés (aménagement des locaux, formation obligatoire, évaluation, règlement…). Ce référentiel aboutit à une charte nationale de bonne conduite de protection des mineurs. (R45)– Les évêques de France font réaliser par un cabinet d’experts une recension des risques, à réactualiser (R35), ainsi qu’un dispositif de mesures préventives correspondantes. (R13)– Les évêques de France décident que les commissions et conseils de leur conférence soient tous composés d’évêques et d’autres membres du peuple de Dieu. (R36)– Les évêques de France s’engagent à demander, chacun pour son diocèse, la signature d’un protocole avec le ou les parquets concernés. (R29-42)– Les évêques de France choisissent de transférer pour l’année 2022 au 3ème dimanche de Carême, la journée de prière pour les personnes victimes de violences et agressions sexuelles et d’abus de pouvoir et de conscience au sein de l’Eglise, prévue le 3ème vendredi de Carême. (R26)– Les évêques de France, réunis en Assemblée plénière, décident d’ériger un tribunal pénal canonique national et approuvent les statuts de ce tribunal pour la première instance qui rentrera en fonction au 1er avril 2022. (R40).– La Commission doctrinale organise un travail sur tous les points doctrinaux mentionnés par le rapport de la CIASE (morale sexuelle, anthropologie, sacerdoce ministériel, instrumentalisation de la Parole de Dieu, distinction entre pouvoir d’ordre et pouvoir de gouvernement …), en s’appuyant sur les compétences des universités catholiques. Elle rend compte de l’avancée de son travail au Conseil permanent avant chaque Assemblée Plénière. (R4,7,11,34)– Les évêques de France demandent au Conseil pour les questions canoniques de préciser les recommandations du rapport de la CIASE qui doivent être soumises à l’approbation du Saint-Siège et les présenter à l’Assemblée plénière de mars 2022 (R9, 10, 37, 38, 39, 41). R + nombre renvoie aux recommandations du rapport de la CIASE [...] Lire la suite…

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